Héros de Goussainville
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ROUSSEAU Jean


   
ROUSSEAU Jean Gaston
- Goussainville 1971    



 
Résistant 
 
Maire de Goussainville 1934-1939 et 1945-1953 
 
Plaque de la Rue de Docteur ROUSSEAU à Goussainville

Discours prononcé par son fils  
 
lors de l'inauguration de la rue du Docteur Jean Gaston Charles ROUSSEAU
 

En 1926 arrivait en gare de Goussainville un jeune médecin. 
Il s'appelait Jean Gaston Charles ROUSSEAU et il était certainement loin de se douter qu'avec la population, il allait pendant un demi-siècle remplir les pages blanches de l'histoire encore vierge du lotissement de Goussainville. 
Cette belle histoire, je vais tenter.de la résumer devant vous, mais avant d'aller plus loin je voudrais que l'hommage que nous rendons aujourd'hui s'adresse aussi à son épouse, ma mère Henriette ROUSSEAU née Péress. 
Elle fut sa muse de tous les jours et sans elle rien n'eut été possible. 
Lorsqu'elle disparut en 1968, mon père sombra dans un douloureux chagrin qui l'emporta quelque temps après. 
C'est donc en 1926 sur les conseils de mon grand père Frédéric ROUSSEAU alors contrôleur des indirects, que le jeune docteur Jean-Gaston ROUSSEAU vint à Goussainville. 
Il était beau et ses yeux bleu transparents donnaient à son regard une infinie tendresse. 
Nul doute que ce jeune homme qui arrivait parmi les Goussainvillois, mobilisé en 1917 à l'âge de 18 ans, avait été marqué profondément par la souffrance de sa mère et le sacrifice de son père. 
C'est là certainement la source de son sacerdoce et de son amour pour les petits et les déshérités. 
A l'époque il consultait dans l'arrière boutique du Café de la Gare et empruntait les vélos des ouvriers qui étaient partis travailler à Paris. 
C'était alors l'épopée et les Goussainvillois d'aujourd'hui peuvent difficilement s'imaginer ce vaste espace de terre agricole traversé comme par une flèche, par la ligne du chemin de fer. 
Et les vieux Goussainvillois ont tous en mémoire l'image d'Épinal quasi mythique du médecin botté et crotté, qui parcourait en vélo les rues en terre battue. 
C'est parmi une population laborieuse qu'il exerça son art; accouchant la nuit et consultant le jour. 
Il était toujours là quand il fallait, guérissant souvent, et réconfortant toujours. 
Voyez vous, Mesdames et Messieurs, cet homme là ne supportait pas de voir les gens malheureux. 
Rappelons-nous qu'à cette époque l'anivée du médecin était chose sérieuse et grave. ll n'y avait alors ni antibiotique, ni Sécurité Sociale, et la maladie pouvait amener ruine et désespoir dans une famille modeste. 
C'est donc tout naturellement qu'il participa à la vie communale y trouvant une façon complémentaire de soulager la souffrance des plus démunis. 
Marié en 1933, élu Maire en 1934 pour la première fois, mobilisé en 1940 à Vitry-le-François, il vécut avec humiliation la débâcle de l'armée Française. 
Après l'armistice, il revint à Goussainville ou il trouva la maison occupée par les soldats Allemands. 
Le gouvernement de Vichy avait alors nommé à sa place un Maire à sa botte. 
De 1940 à 1945 dans les rigueurs de l'occupation allemande, il exerça sa profession de médecin 
tout en participant avec d'autres Goussainvillois à des actions de résistance, 
Sauvetage et évacuation des aviateurs alliés 
Soins aux blessés de la résistance 
Sauvetage des Français persécutés. 
Cette période de sa vie fut certainement la plus belle et la plus glorieuse. 
" Le Capitaine Jean " ne dut le salut qu'au silence héroïque et aux sacrifices de certains de ses camarades de combat. 
Appelé un jour pour constater le décès, après torture d'un résistant de son réseau, il fut peu de temps après arrêté par la Gestapo en pleine consultation il ne savait pas alors si l'homme avait parlé. 
En fait le résistant, ce héros avait préféré mourir sous la torture plutôt que de desserrer les dents. 
Au nom de ma famille et des Goussainvillois, je rends hommage ce soir, au sacrifice de ce Français dont une rue à Fontenay commémore le souvenir à tout jamais. 
En 1945 mon Père reprit ses fonctions de premier magistrat de la ville qu'il ne quittera volontairement qu'en 1953 pour se consacrer uniquement à la médecine. 
A la libération, tout était à refaire. 
Les Goussainvillois manquaient de charbon pour se chauffer, manquaient de vêtements, de chaussures. Il n'y avait plus de lait pour les 'tout petits'. 
Son action fut toujours d'apporter le nécessaire à ceux qui manquaient de tout. 
Cette période de l'histoire de Goussainville fut un très bel exemple de fraternité populaire. 
Il fallut organiser les cantines scolaires, créer un dispensaire de protection maternelle et infantile, mettre en route un service d'ambulances, réorganiser les services municipaux, aider les soldats du feu, s'occuper des adolescent en créant le PLOG et envoyer les enfants en colonie de vacances. 
Voilà Mesdames et Messieurs un trop bref résumé d'une riche période de l'histoire de notre ville écrite avec la sueur, les larmes et le sang de la population. 
Le Docteur Jean-Gaston ROUSSAU vécut parmi elle une existence véritable en parfaite communion avec les Goussainvillois qu'il aimait tant et aux côtés de son épouse « L'Ange aux cheveux d'argent et au coeur d'or '. 
Il fut un homme de concorde comme la rue qui désormais portera son nom. 
Robuste à l'image de la Creuse d'où il venait. 
Médecin, patriote, Maire, il sut aussi être le Père tendre et affectueux que je n'oublierai jamais.
 
Il repose auprès de son épouse dans le cimetière de Goussainville 
Collection Dr JP Rousseau